MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

CONFERENCE DE PRESSE DES NATIONS UNIES DU MERCREDI 14 SEPTEMBRE 2011

Madnodje Mounoubai: Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Membres de la presse, Auditeurs de Radio Okapi, Bonjour et bienvenue à ce rendez-vous hebdomadaire.

- Activités des composantes de la MONUSCO
- Activités de l'Equipe-pays
- Situation militaire

L'ONU soutient l'effort en faveur de la protection des journalistes
Le 13 septembre 2011 à Paris s'est tenue sous les auspices de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation et la culture (UNESCO), une réunion inter-agences sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité. Dans son message à cette rencontre, le Secrétaire général des Nations Unies a déclaré : « Je suis heureux que cet effort visant à formuler un plan d'action pour protéger les journalistes, se fera à travers un large partenariat incluant les institutions régionales et internationales, les organisations professionnelles et non-gouvernementales ayant une expertise dans ce domaine. L'ONU se tient à vos côtés dans cet effort ».
Activités des composantes de la MONUSCO
Information publique :
La Radio Okapi, outil principal de communication de la Mission de l'ONU pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), a présenté le samedi 10 septembre dernier, aux partis et autres regroupements politiques ainsi qu'aux médias, sa charte électorale conçue pour être sa feuille de route dans l'accompagnement du processus électoral en RDC.
Le document étaye la conduite que la Radio se donne de suivre tout le long de ce processus qui sera conclu en 2013. Cette conduite implique, entre autres, les responsabilités de la Radio face au traitement de l'information, sa philosophie de la couverture médiatique en période électorale, ses principes qu'elle fonde sur les règles de l'éthique et de la déontologie du métier de journaliste, et les normes régissant ses diverses productions ainsi que les mesures de prévention de conflits d'intérêt entre le personnel et la Radio. Les exemplaires de ce document vous seront remis à la fin de la conférence.
Unité Pénitentiaire :
Une délégation mixte MONUSCO-Ministère national de la Justice a effectué le lundi 12 septembre 2011 une visite de travail à Mbandaka. La délégation était conduite par le Chef de l'Unité pénitentiaire de la de la MONUSCO, Madame Patience SAI. L'objectif de cette visite était de sensibiliser les autorités provinciales ainsi que les partenaires locaux sur les questions de la prison en Equateur, et de voir ensemble comment améliorer les conditions de vie des détenus. Avant de regagner Kinshasa, la délégation a pu visiter la prison centrale de Mbandaka. Sur place, elle a également procédé à la remise symbolique d'un don du personnel de l'Unité pénitentiaire de la MONUSCO. Il s'agit de cinquante mousses (matelas) et de deux grandes casseroles pour les prisonniers.
La MONUSCO et ses partenaires (UNFPA, OMS, PNUD...) ont été remerciés pour leurs efforts qui ont permis d'améliorer tant soit peu les conditions actuelles de la prison de Mbandaka. Des efforts matérialisés par des Projets à Impact rapide (QIPs) de réhabilitation de cellules, fournitures de médicaments, de mobilier de bureau, de vélos, etc.).
Affaires civiles :
La section des Affaires civile de la MONUSCO (CAS) à Kinshasa et le Ministre provincial du Plan ont convenu d'un projet visant à renforcer les capacités des comités locaux de développement dans la ville-province de Kinshasa.
La CAS s'est mis dernièrement d'accord avec le Ministère provincial du Plan sur la mise en place d'un projet de renforcement des capacités des comités locaux de développement, qui aideront à élaborer davantage les plans locaux de développement au niveau des villages/districts dans/de la ville-province de Kinshasa. Les deux parties ont convenu de finaliser une cartographie rapide des comités locaux de développement, y compris les différentes actions entreprises et qui seront réalisées par les différents acteurs. La section des Affaires civiles continue de soutenir ce projet de concert avec le PNUD/PADLL.
Police MONUSCO :
Dans le cadre de la protection des civils, la Police de la MONUSCO, en collaboration avec le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l'Homme (BCNUDH), a poursuivi les différentes sessions de formation à Bunia, Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kalemie et Kananga, organisées au profit de 104 éléments Officiers de Police Judiciaire (OPJ) en techniques d'enquête, dans le cadre de la lutte contre les violences sexuelles.
Outre ces formations, la Police de la MONUSCO effectue des visites quotidiennes des unités opérationnelles de la Police Nationale Congolaise (PNC) dans les ressorts territoriaux de déploiement de ses effectifs. Ces visites ont pour objet de relever les atteintes graves aux droits de l'homme, notamment les conditions de détention dans les cachots. Elle entreprend s'il y a lieu des formations/sensibilisations sur site au profit des policiers de ces unités sur l'obligation du respect des règles légales de protection des libertés et des droits des personnes gardées à vue.
Pour ce qui est de la Réforme de la PNC, la session de formation en police de proximité débutée il y a sept semaines dans la ville de Matadi (Bas-Congo), à l'intention de 262 policiers prendra fin le 19 novembre 2011. Une autre session sur le même sujet se poursuit également à Kananga au profit de 174 policiers.
Activités de l'Equipe-pays
FAO :
Une cinquantaine des membres de la commission nationale de coordination des activités de lutte contre les maladies des plantes en RDC ont partagé ce mardi 13 septembre 2011 à Kinshasa sur les stratégies pour assurer la promotion et la sauvegarde de la culture du bananier, le contrôle et la gestion efficace du Wilt bactérien de bananier à l'Est du pays.En collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'agriculture (FAO), la réunion a regroupé les structures étatiques, les ONG internationales et nationales ainsi que des institutions de recherches qui sont impliquées dans la gestion du bananier.
C'était à l'occasion de la 7ème réunion de la commission axée sur la problématique de cette maladie qui se propage de façon inquiétante, ravageant des plantations entières et laissant des populations déjà fragilisées par une crise multiforme dans une situation socio-économique très critique. Rien qu'en 2010, l'Inspection provinciale de l'agriculture, pêche et élevage a rapporté un total de 14 666 hectares de bananeraies détruits, 219 990 tonnes de bananes perdues et environs 23 465 600$ USD de pertes en cash comme bilan préliminaire des effets destructifs causé par le Wilt bactérien sur les bananiers.
UNMACC:

La semaine dernière, le Centre des Nations Unies pour la Coordination de la Lutte Anti-mines (UNMACC) a terminé la vérification de la zone près de l'aéroport de Mbandaka (Province de l'Equateur). La MONUSCO qui souhaitait déplacer un bataillon et construire un nouveau terminal à l'aéroport, avait peur que les zones concernées soient contaminées par des restes explosifs de guerre. A sa demande, l'UNMACC a depuis le mois de juillet coordonné les activités de dépollution conduites par l'ONG « MAG » et l'entreprise MECHEM. Les derniers contrôles de qualité ont été conduits par l'UNMACC le 6 septembre et ont permis d'autoriser la MONUSCO à construire son nouveau terminal. Aucun reste explosif de guerre n'a été trouvé dans la zone concernée.

Dans le même temps, l'UNMACC continue son travail de coordination d'enquêtes et de déminage à travers tout le pays. A titre d'exemple, l'ONG « Danish Chruch Aid » est actuellement en train de conduire une opération de déminage dans le village de Nzofu, dans le territoire de Kabalo (Province du Maniema). Une fois déminé, le terrain sera utilisé par les populations locales avec l'appui de « Danish Church Aid » pour son programme de sécurité alimentaire afin d'aider les communautés à développer des activités génératrices de revenus.
UNICEF :
Le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF) en collaboration avec les partenaires de l'Enseignement primaire secondaire et professionnel (EPSP) a débuté, ce 12 septembre 2011, la campagne de distribution de fournitures scolaires et matérielles didactiques aux écoles primaires et centres de rattrapage scolaire sur toute l'étendue de la République démocratique du Congo. Plus de 2.000.000 d'élèves et environ 45.000 enseignants sont ciblés. L'objectif de cette campagne est d'appuyer la mise en œuvre de la gratuité de l'enseignement primaire en ce début de l'année scolaire 2011-2012.
OCHA :
Les activités humanitaires sont suspendues sur certains axes des Territoires de Lubero et de Walikale à la suite des enlèvements des membres de deux ONG (nationale et internationale). Ces enlèvements ont été accompagnés des revendications politiques. Cette situation inquiète l'ensemble de la communauté humanitaire à l'approche des élections de novembre prochain. Le 9 septembre, cinq membres d'une ONG, partenaire du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et leur chauffeur ont été enlevés et emmenés dans la brousse par des Mayi-Mayi près de la localité de Kigoma, dans le Territoire de Walikale. Les membres de l'ONG ont pu s'échapper alors que le chauffeur est toujours aux mains des ravisseurs. Ceux-ci réclamaient la libération des membres de famille de leur chef arrêtés par l'armée nationale. Le 10 septembre, six travailleurs de l'ONG Welthungerhilfe (ex-AAA) ont été enlevés par un groupe au sud-ouest du Territoire de Lubero pour revendiquer la cessation des opérations militaires en cours dans la zone.
Situation militaire
A l'Ouest de la République Démocratique du Congo, la situation sécuritaire pendant la période sous examen est demeurée calme, notamment à Kinshasa, en particulier suite à la décision du Gouverneur d'interdire du 7 au 11 septembre 2011 toutes les manifestations politiques ou marche à travers la ville. Toutefois, les activités politiques restent soutenues dans cette partie du pays.
A Mbuji-Mayi, les violences communautaires se sont accrues à travers la zone. Les territoires de Mweka et de Tshikapa ont été marqués par des violences liées en grande partie à des conflits ethniques. Cette situation nécessite une surveillance étroite.
En Equateur, un groupe de bandits composé en majorité d'ex-combattants, s'adonnent à des activités criminelles avec notamment le harcèlement des populations des villages d'Ilema et de Bosenga situés a côté de Mbandaka. Une équipe de la MONUSCO, regroupant les représentants de la Section des Droits de l'Homme, la police onusienne et des Observateurs Militaires a, conjointement avec la Police Nationale Congolaise (PNC), visité les deux villages précités dans le but de mener des investigations. Cette équipe a aussi procédé a des enquêtes sur les allégations d'activités attentatoires à la sécurité des populations civiles menées par un groupe religieux dénommé ''Nzambe ya Bakoko'' (Dieu de nos ancêtres).
Par ailleurs, les braconniers continuent de mener leurs activités dans le Parc de la Salonga et harcèlent les populations des villages environnants.
Au Bas-Congo, une mission conjointe composée des représentants de la MONUSCO, des autorités provinciales et des organisations civiles a séjourné du 1er au 8 septembre 2011 dans le territoire de Kabinda, dans le but d'évaluer la situation sécuritaire dans les villages de Nkeba, Masombo, Nkoya et Malango.
En Province Orientale, bien qu'aucune activité significative de l'Armée de Résistance du Seigneur (LRA) n'ait été rapportée la semaine dernière, la situation sécuritaire demeure imprévisible. En effet, des rapports ont signalé des mouvements d'un groupe armé, susceptible d'être des membres de la LRA, dans la zone de Bangadi.
En Ituri, la situation sécuritaire a été marquée par les mouvements des miliciens dans les régions de Bukiringi, le meurtre d'un chef de la Police Nationale Congolaise (PNC) et l'attaque sur une position des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
Le 4 septembre 2011, le chef de la PNC de la localité de Makumu, appartenant à la collectivité Babila Babomi du territoire de Mambasa, a été tué par des bandits armés qui seraient venus de la localité de Madumbi, située à 20 kilomètres de Makumu.
Le même jour, le commandant du 131ème bataillon FARDC a déclaré avoir arrêté deux femmes qui achetaient, près du marché d'Aveba, des produits manufacturés au profit des miliciens. Détenues pour enquête dans le camp FARDC de Chekele, puis relâchées le 5 septembre 2011, ces femmes ont avoué qu'elles étaient liées aux miliciens qu'elles approvisionnaient en produits manufacturés.
Par ailleurs, le chef de l'Agence Nationale de Renseignement (ANR) de Kasenyi a livré l'information selon laquelle environ cent miliciens du Front de Résistance Patriotique de l'Ituri (FRPI) seraient basés à Sinika, Saaji et Arava, situé à 50 kilomètres de Kasenyi.
Du 9 au 12 septembre 2011, une Equipe Conjointe de Protection, composée de la Force de la MONUSCO et des acteurs humanitaires, s'est rendue dans les régions de Sambia, Faradje et Tadu dans le but de faire l'évaluation de la situation sécuritaire aux niveau de ces localités ainsi que les besoins en assistance humanitaire des populations civiles.
Le 10 septembre 2011, le poste opérationnel de la Force de la MONUSCO de Bukiringi a, grâce à la promptitude de la réaction de sa patrouille blindée, mis en fuite environ soixante miliciens qui attaquaient le poste FARDC de Mitigo, situé à 10 kilomètres au Sud du poste opérationnel de Bukiringi. Ils se sont retirés en direction de la forêt d'Afufu, localité située à 5 kilomètres à l'Ouest de Bukiringi.
A la même date, l'hôpital de niveau 1 de la Force de la MONUSCO de Mahagi a, une fois de plus, mené une activité d'importance humanitaire et sociale majeure à travers l'organisation d'une campagne médicale au profit des habitants de cette région. Durant cette campagne, plusieurs personnes souffrant de pathologies diverses ont bénéficié de consultations et reçu des médicaments à titre gracieux.
Suite au regroupement des miliciens autour de la vallée de Similiki, avec pour objectif la conduite d'une attaque contre les postes FARDC de Tchekeley et l'Etat-major du bataillon à Bukiringi, la Force de la MONUSCO et les FARDC ont lancé le 10 septembre 2011 une opération conjointe dénommée « Rebel Hunt » (La Chasse aux rebelles) dans les régions vulnérables de Mawara, Ozoba, Matafu, Mataratala et Kamatsi. Cette opération, qui est encore en cours, a pour principal objectif de soustraire les populations à l'influence des miliciens armés, de les rassurer et de renforcer leur protection ainsi que celles des agences humanitaires qui opèrent dans ces régions.
Au Nord-Kivu, la situation sécuritaire demeure relativement volatile. Elle reste cependant sous contrôle. Les groupes Mayi-Mayi et les éléments de l'Alliance des Forces Démocratiques (ADF) sont toujours actifs à travers la province. Les combattants des Forces démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR) continuent de consolider leur présence dans les régions situées au Sud du Nord-Kivu. La situation sécuritaire autour du lac Edouard reste préoccupante. Elle est toujours volatile dans le territoire de Masisi.
Le 30 août 2011, les FARDC ont lancé des opérations contre les éléments ADF actifs dans le parc national de la Virunga, à 45 kilomètres à l'Est de Butembo.
Le 2 septembre 2011, des accrochages se sont produits entre un groupe d'autodéfense et les éléments FDLR à Kazinga, situé à 12 kilomètres au Nord-ouest de Masisi dans le groupement Nyamaboko-I.
Le 6 septembre 2011, sur le lac Edouard, des éléments armés embusqués dans un bateau ont ouvert le feu sur un autre bateau appartenant à une Organisation Non Gouvernementale (ONG) alors que ce dernier était en train de mener ses activités normales de patrouille.
Par ailleurs, les habitants du village Bunyakondomi, situé à 35 kilomètres à l'Est de Lubero, ont abandonné leur village et dorment en brousse par crainte des éléments Mayi-Mayi Patriotes Résistants Congolais (PARECO) qui ont établi leur position dans le village proche de Vuthsaya.
Dans la nuit du 8 au 9 septembre 2011, les éléments Mayi-Mayi ont kidnappé deux personnes à Kiribata, près de Luniyasenge.
Le 9 septembre 2011, l'intervention rapide d'une patrouille blindée du poste opérationnel de la Force de la MONUSCO de Mpofi a permis la libération de quatre civils de Kigoma, situé à 10 kilomètres au Sud-est de Mpofi, kidnappés par douze éléments Mayi-Mayi Cheka. Pour assurer la protection de la population de Mpofi, la patrouille a mené une opération de ratissage dans toute la région et fermer l'accès à la route conduisant à la zone minière du Nord.
Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2011, une patrouille du poste opérationnel de la Force de la MONUSCO de Kamanyola déployée rapidement sur le village Katagota, situé à 8 kilomètres au Sud de ce poste, a fait avorter une tentative de pillage menée par des hommes armés.
Au Sud-Kivu, les éléments FDLR continuent d'être actifs dans les terr