Rapport du Secrétaire général sur les activités de UNOWAS (S/2018/1175) - Décembre 2018
Évolution de la situation et tendances observées en Afrique de l’Ouest et au Sahel
2. Depuis mon dernier rapport (S/2018/649), la situation politique en Afrique de l’Ouest et au Sahel est demeurée stable, malgré de graves problèmes de sécurité, en particulier au Burkina Faso, au Niger et au Nigéria, où on a observé une recrudescence des activités transfrontalières de groupes terroristes et un retrait des autorités étatiques des zones périphériques où les populations continuent de vivre dans la précarité. Les pays de la sous-région ont oeuvré de concert pour s’attaquer aux difficultés complexes liées au contexte politique, aux questions de sécurité et aux problèmes de développement qui sont à l’origine de l’insécurité croissante.
3. Au cours de la période considérée, une élection présidentielle a eu lieu au Mali, des élections régionales et parlementaires se sont tenues en Mauritanie et des élections locales en Côte d’Ivoire. Le prochain cycle électoral fait naître des tensions qui touchent l’ensemble de la région...Téléchargez ici
UNOWAS E-Magazine nº 7 : Impunité, Accès à la justice, et droits humains
Ce numéro 7 de UNOWAS E-Magazine est consacré à la question de l'impunité, de l'accès à la justice et des droits de l'homme, sujet d'une conférence régionale organisée à Niamey avec nos partenaires. Ce numéro parle également de l'étude de l'UNOWAS sur le pastoralisme et la sécurité en Afrique de l'Ouest et au Sahel.Déclaration de la Présidente du Conseil de sécurité de l'ONU sur UNOWAS (S/PRST/2018/16)
Le Conseil exprime son plein appui au Représentant spécial dans l’accomplissement de son mandat et à l’UNOWAS pour ses activités en cours. Le Conseil note que l’UNOWAS est de plus en plus sollicité et souligne à nouveau qu’il importe de lui fournir un appui soutenu et des ressources suffisantes à cet égard. Le Conseil encourage la poursuite de la coopération, l’établissement de priorités conjointes et une division claire des tâches entre les différents bureaux, institutions et départements de l’ONU, notamment entre l’UNOWAS et le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC) pour ce qui est de prévenir les conflits et de pérenniser la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Le Conseil réaffirme qu’il a pleinement conscience du rôle de l’UNOWAS dans l’analyse stratégique et intégrée constante des possibilités, des risques et des difficultés rencontrées, à l’appui de l’action menée par les acteurs nationaux et locaux pour pérenniser la paix, attend de l’UNOWAS qu’il renforce ses activités de prévention des conflits – notamment en menant des analyses détaillées des outils d’alerte rapide –, de médiation et de bons offices, ainsi que des efforts déployés pour améliorer les capacités sous-régionales de coopération à cet égard, en particulier sur le plan de la coopération conjointe concernant les systèmes d’alerte rapide entre l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)...
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Rapport du Secrétaire général sur les activités de UNOWAS (S/2018/649) - Juin 2018
II. Évolution de la situation et faits nouveaux intervenus en Afrique de l’Ouest et au Sahel
2. Au cours de la période considérée, la situation en matière de paix et de sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel est demeurée tributaire des conditions de sécurité ayant prévalu au Mali, au Nigéria et au Niger, et de l’aggravation de l’insécurité au Burkina Faso. Les conflits violents opposant éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires ont gagné en fréquence, en intensité, en complexité et en étendue dans l’ensemble du Sahel. En outre, la menace croissante que font planer les groupes armés transfrontaliers et la criminalité transnationale organisée a continué de s’aggraver du fait de la défaillance des institutions étatiques et de la fourniture erratique des services publics.
3. En parallèle, des étapes importantes ont été franchies, telles la transition démocratique intervenue au Libéria et en Sierra Leone et la tenue d’élections locales en Gambie. Toutefois, la violence post-électorale en Guinée, la rupture du dialogue au Niger, la lente progression des négociations sur le règlement de la crise constitutionnelle au Togo et l’exacerbation des tensions sur fond de tenue prochaine d’élections dans un certain nombre de pays sont autant d’événements qui rappellent que les avancées démocratiques restent fragiles dans la région. Par ailleurs, si la croissance macroéconomique s’est améliorée dans l’ensemble, ces bons résultats n’ont pas encore abouti à la mise en place de réformes démocratiques dignes de ce nom.
UNOWAS Magazine N6 - Juin 2018
Cette sixième édition d’UNOWAS Magazine que vous tenez entre les mains est une édition spéciale consacrée entièrement au colloque régional sur « Les enjeux et perspectives des réformes politiques en Afrique de l’Ouest en 2015-2017 » qui a été organisé par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) les 26 et 27 mars derniers à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
En effet, les réformes politiques constituent un sujet majeur qui concerne tous les pays de la sous-région. Il était légitime, voire nécessaire pour UNOWAS d’organiser un tel colloque pour permettre à divers experts d’apporter leurs analyses et propositions à travers un programme ambitieux dont l’objectif était d’aider les gouvernements ainsi que tous les acteurs politiques à réussir la mise en œuvre de leurs processus de réformes politiques respectifs.
Le colloque de deux jours, visait à relever et à analyser les raisons fondamentales qui ont conduit, entre 2015 et 2017, plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest à initier des réformes politiques ; à faire ressortir les mécanismes et dynamiques qui sont à la base de l’aboutissement, du report ou de l’échec des réformes politiques ; à examiner l’historique et l’évolution des dispositions en cause, les principaux aspects politiques, les similarités et les divergences entre les différents pays concernés; et à dégager la portée, les enjeux et les perspectives des réformes politiques dans la sous-région.
Pour atteindre ses objectifs, le colloque d’Abidjan a été articulé autour de trois communications inaugurales et dix-huit communications thématiques réparties en six sections. Les communications inaugurales ont porté sur les thèmes suivants : « Génération et types de réformes politiques en Afrique de l’Ouest », « Réformes politiques et gouvernance », et « Instruments de la CEDEAO pour l’édification de la paix et la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest ». Quant aux communications thématiques, elles ont porté sur deux thèmes centraux à savoir : « Contexte, mécanismes et causes des réformes politiques » et «Contenu, mise en place et impacts es réformes politiques ».
Après avoir passé en revue les processus de réformes engagés en Afrique de l’Ouest entre 2015-2017, pour en appréhender les forces et faiblesses, les participants ont formulé des recommandations pour des réformes politiques plus légitimes et plus pertinentes dans la sous-région, notamment la création d’une plateforme sous régionale sur les réformes politiques et la bonne gouvernance.
Confirmant l’importance de ce colloque, 72 participants ont répondu présents dont les représentants de 15 des 16 pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) ; les représentants d’organisations régionales, internationales (UNOWAS, CEDEAO, IDEA, OSIWA, UNOCA, UNDP) ; et les représentants de la société civile, de groupes de femmes et de jeunes (Réseau Ouest Africain des jeunes Femmes Leaders-ROAJELF, Fondation Cléopâtre d’Afrique, Je m’engage, Muslim Student’s Society of Nigeria).
Nous espérons que le contenu de cette édition spéciale, vous permettra de « revivre le colloque et ses débats », et de mieux saisir l’importance et la nécessité des processus des réformes politiques, pour mieux renforcer la gouvernance dans la sous-région.
Rapport du Secrétaire général sur les activités de UNOWAS (S/2017/1104) - Décembre 2017
II. Évolution et tendances en Afrique de l’Ouest et au Sahel
2. Au cours de la période considérée, des tensions liées à la réforme constitutionnelle et aux processus de dialogue politique en cours ont occupé le devant de la scène en Guinée, en Mauritanie, au Niger et au Togo. Des élections ont eu lieu au Libéria et au Sénégal et des préparatifs en ce sens se sont poursuivis en Guinée et en Sierra Leone. Au Burkina Faso et en Gambie, des progrès ont été faits dans d’importants domaines de réforme. Cependant, dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et au Sahel, les conditions de sécurité sont restées précaires. Les activités terroristes et la criminalité transfrontalière, notamment la piraterie et le trafic de drogues et d’armes, ont continué de menacer la stabilité de la région. Parallèlement à l’intensification des activités de Boko Haram, de nombreux combattants du groupe se sont rendus aux autorités nationales. Des problèmes de sécurité intérieure ont également été constatés en Côte d’Ivoire et au Nigéria. Malgré une situation humanitaire désastreuse, les pays de la région ont connu une embellie sur le plan économique et plusieurs ont, en outre, fait des progrès dans la promotion et la protection des droits de l’homme.
UNOWAS E-Magazine NUMERO 5: Les élections libres et crédibles, un outil majeur pour la consolidation démocratique et le développement en Afrique de l’Ouest et le Sahel (Novembre 2017)
Les élections libres et crédibles, un outil majeur pour la consolidation démocratique et le développement en Afrique de l’Ouest et le Sahel
Incontestablement, la région de l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a, depuis quelques années, connu un progrès remarquable en matière d’organisation et de conduite de processus électoraux. Des élections aussi diverses qu’importantes se sont tenues dans un environnement pacifique et ont permis à des milliers de citoyens d’exercer leur droit de vote et de choisir leur candidat. Désormais, le temps des élections avec des résultats connus ou imposés d’avance par les pouvoirs en place est révolu. Aujourd’hui, les jeunes et les femmes aspirent à plus de participation dans la vie politique. Et le vote est l’outil majeur dont ils disposent pour changer et améliorer leurs conditions de vie.
Désormais, le temps des élections avec des résultats connus ou imposés d’avance par les pouvoirs en place est révolu
L’exemple de la Gambie est significatif de la détermination grandissante des populations dans la région de s’approprier les élections afin qu’elles permettent une alternance politique et inaugurent un changement qui réponde à leur attente. A part quelques problèmes techniques et des actes de violences résiduels et mineurs, des pays comme le Nigéria, le Burkina Faso, la Guinée, la Gambie, le Bénin, le Cap Vert, la Cote d’Ivoire, le Ghana et le Niger, ont tous organisé des élections pacifiques .
A la détermination des populations s’ajoute l’engagement des institutions nationales et régionales d’inscrire la région toute entière dans une dynamique de changement dont la bonne gouvernance et le développement constituent le moteur.
Des efforts louables ont été fournis par les pays de la région pour renforcer leur cadre juridique, investir dans la formation et l’éducation civique, renforcer la participation dans la vie politique des femmes et des jeunes, et améliorer les outils logistiques et opérationnels alors qu’au plan régional, les institutions ont mis en place plusieurs mécanismes et instruments pour accompagner leurs membres et leur permettre de mettre en œuvre les changements nécessaires.
Fidèle à sa mission qui est de « maintenir la paix et la sécurité internationale », l’ONU a toujours œuvré pour la paix et les droits humains dans le monde en étroite coordination avec les acteurs nationaux et organisations régionales ou internationales.
En Afrique de l’Ouest et le Sahel, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), continuera à jouer un rôle prépondérant pour la promotion de la bonne gouvernance et la consolidation de la paix et de la sécurité.
L’organisation et la conduite pacifique d’élections dans la région sont autant un succès à promouvoir qu’un défi à relever. Les personnes élues ont la grande responsabilité de respecter leur engagement et de répondre aux attentes des populations. Ils ont aussi la lourde tâche de faire mieux que leurs prédécesseurs pour réaliser l’alternance politique voulue par les peuples de la région.
Mohamed Ibn Chambas
Représentant Spécial du Secrétaire Général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel
UNOWAS E-Magazine NUMERO 4: L’appropriation nationale est nécessaire pour la réussite de la réforme du secteur de la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel (Juillet 2017)
L’appropriation nationale est nécessaire pour la réussite de la réforme du secteur de la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel
Depuis quelques décennies, les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont entrepris des réformes aussi importantes que salutaires pour améliorer le rendement de leurs institutions politiques et économiques.
Malgré la persistance d’une multitude de défis, des avancées notables ont été réalisées. Les élections successives qui se sont déroulées pacifiquement dans la sous-région ont permis l’avènement de nouvelles alternances politiques. De même que les différentes réformes lancées ou en cours d’initiation, notamment celle qui concerne le secteur de la sécurité, ont permis d’améliorer la gouvernance et ont favorisé l’émergence d’un espace économiquement dynamique, et politiquement plus démocratique et stable.
En effet, beaucoup de pays dans la région ont engagé des reformes de leur institutions de sécurité afin de les rendre plus professionnelles, efficaces et responsables. Par ailleurs, ces réformes visaient à instituer une justice accessible et impartiale, afin de jeter les bases de la paix et du développement durable. La réforme du secteur de la sécurité devait aussi répondre aux attentes des populations en quête de protection et de justice face aux abus institutionnels ou individuels issus de pratiques autoritaires et non conformes aux principes de droits.
Les diverses expériences de réformes du secteur de la sécurité dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, comme ailleurs dans le monde, sont marquées par des contingences historiques et politiques qui influencent les processus de réforme.
Chaque Etat se dote de son système sécurité avec ses acteurs, et défini les menaces auxquelles ils doivent faire face et ce pour répondre aux attentes des populations. Parmi les menaces les plus communes dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, on compte la criminalité transnationale organisée, les trafics illicites des drogues, le trafic des personnes, le terrorisme, la piraterie et le banditisme en mer et sur terre. Toutes ces menaces compromettent la sécurité et la sureté des individus dans la région et font obstacle aux initiatives individuelles économiques, les efforts de développement et à la stabilité des Etats.
Il est crucial de souligner le rôle important des organisations de la société civile dans un processus de réforme car leur participation garantie la représentativité et l’inclusion tout en contribuant au renforcement du contrôle de la gouvernance du secteur de la sécurité.
Mais au-delà de la nécessité de réformer le secteur de la sécurité, il est vital que les États et les populations jouent un rôle moteur dans les processus de réformes. Sans un engagement des différents acteurs étatiques et non étatiques nationaux et régionaux, et une volonté politique des autorités nationales, les plans et programmes établis pour initier la réforme du secteur de la sécurité n’aboutiront pas.
Avec l’aide des partenaires régionaux et internationaux, mais surtout avec un engagement politique fort, des pays de la région ont pu lancer la réforme de leur secteur de la sécurité et réaliser des avancées extraordinaires.
L’expérience de la Sierra Léone est significative et illustre bien l’importance du leadership et de l’appropriation nationale du processus de la réforme du secteur de sécurité qui a permis -à elle seule- de consolider la paix. Sans aucun doute, l’expérience Sierra Léonaise est un modèle à suivre par les autres pays engagés dans le même type de réforme.
Des pays majeurs comme le Liberia, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Mali ou la Gambie- pour ne citer que ces pays ont initié des processus de réforme de leur secteur de la sécurité déterminants pour leur stabilité et celle de la région.
La réforme du secteur de la sécurité reste centrale pour la stabilité et le développement. Nous devons-acteurs nationaux, régionaux et internationaux- continuer à soutenir les pays de la région dans leur entreprise de réforme du secteur de la sécurité pour permettre aux populations d’accéder à l’état de droit et à la prospérité.
C’est le sens de l’engagement régional d’UNOWAS à travers son appui au Cadre de la CEDEAO sur la réforme du secteur de la sécurité et la gouvernance, et à travers son soutien continu pour le renforcement du leadership et de l’appropriation nationale des réformes.
Mme. Hiroute Guebre Sellassie
Représentante Adjointe du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.
