UNOWAS E-Magazine
Ensemble, pour des élections pacifiques
2020 est une année d’élections en Afrique de l’Ouest et le Sahel.
À la suite du Togo où l’élection présidentielle a été organisée en février dernier, cinq autres élections présidentielles sont prévues en Guinée, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Ghana et au Niger.
Ces élections sont une opportunité majeure dans la poursuite des efforts entrepris depuis des décennies en faveur du renforcement de institutions démocratiques, la consolidation de la paix, et le développement. Mais, force est de constater qu’elles sont également- une source de crispations et tensions politiques, voire – et cela est regrettable – trop souvent de violence et de crises qui menacent la cohésion sociale et la stabilité, non seulement des pays concernés, mais aussi de la sous-région.
Ces élections sont une opportunité majeure dans la poursuite des efforts entrepris depuis des décennies en faveur du renforcement de institutions démocratiques
Les violences sur fond de divisions, discours de haine, violations des droits de l’homme ne doivent plus constituer un moyen de résolution des différends relatifs aux processus électoraux. Ce temps est révolu. Seuls- la concertation, le dialogue et le consensus, soutenus par une démarche responsable et inclusive, pourront contribuer à façonner des solutions durables, dans l’intérêt de tous.
C’est dans ce sens, que nous avons entrepris récemment des missions conjointes avec la CEDEAO et l’UA en Guinée et en Côte d’Ivoire.
Cette approche régionale de prévention des conflits démontre l’attachement des trois entités à la résolution pacifique des différends, et leur engagement à mutualiser leurs efforts pour mieux soutenir et encourager les différents acteurs impliqués dans le processus électoral, à œuvrer pour la paix.
Dans un contexte marqué par la pandémie de la COVID-19 qui ne cesse de menacer la vie de millions de personnes, et d’affecter sévèrement les économies des pays de la sous-région, il est nécessaire de se mobiliser pour que ces élections soient véritablement synonymes de progrès démocratique pour la sous-région.
Tous les interlocuteurs que nous avons rencontré lors de nos missions conjointes, notamment les femmes et les jeunes, ont été unanimes pour exprimer leur attachement à la paix et à la non-violence.
Ensemble, mobilisons-nous davantage pour que cela devienne une réalité, et pour que les femmes et les jeunes puissent jouer un rôle effectif dans la consolidation de la paix et le développement, tel qu’il a été affirmé dans la résolution 1325 du Conseil de Sécurité de l’ONU dont nous célébrons ce 31 octobre le vingtième anniversaire.
Une reponse active et coordonnee est necessaire pour combattre la COVID-19
L’irruption de la pandémie du COVID-19 a bouleversé nos habitudes. Face à une crise sanitaire mondiale inédite, il fallait impérativement et rapidement s’adapter tout en mettant les moyens nécessaires pour faire face à cette crise.
Acteur régional majeur en Afrique de l’Ouest et au Sahel, notre bureau, UNOWAS, a dès le début de la crise, pris les mesures qui s’imposaient à travers une réponse efficace et coordonnée.
D’abord, au niveau interne. A travers son Equipe de Gestion de Crise, UNOWAS a pris des mesures rapides pour protéger son staff, tout en mettant en place un dispositif administratif et logistique pour assurer la continuité de la mise en œuvre de son mandat.
Les mesures prises par UNOWAS qui sont revues régulièrement, s’inscrivent dans le cadre d’une réponse coordonnée de tout le système des Nations Unies avec les autorités du Sénégal et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’entité chargée de la gestion de la crise du COVID-19 au sein des Nations Unies.
Tout en protégeant notre staff, nous avions, à l’instar des autres agences des Nation Unies, non seulement veillé à poursuivre notre engagement, mais également à apporter notre soutien aux efforts des pays de la sous-région dans leur lutte contre la propagation de la pandémie.
Tout en protégeant notre staff, nous avions, à l’instar des autres agences des Nation Unies, non seulement veillé à poursuivre notre engagement, mais également à apporter notre soutien aux efforts des pays de la sous-région dans leur lutte contre la propagation de la pandémie.
Car face à une pandémie qui ne connait pas de frontière, ni de religion, et ni d’ethnie, il fallait-et il faut encore, plus d’union et de solidarité pour vaincre le COVID-19, et amorcer l’étape post pandémie.
C’est le sens de la démarche de l’UNOWAS sous le leadership du Représentant spécial, Mohamed Ibn Chambas. Plusieurs activités et engagements ont été entrepris- et d’autres sont en cours- avec les pays de la sous-région et les différents partenaires régionaux et internationaux pour soutenir et renforcer des réponses solidaires qui intègrent la protection des populations vulnérables et tiennent compte du respect du droit de l’homme.
Alors que beaucoup de pays dans le monde et dans notre sous-région commencent à lever les mesures de restrictions imposées depuis le début de la crise, il est très important que nous maintenions notre vigilance, et continuions, avec patience et solidarité, de respecter les mesures sanitaires de protection pour mettre fin à cette pandémie.
Cet éditorial est rédigé alors que j’arrive à la fin de ma carrière aux Nations unies et que je quitte avec la ferme conviction que le multilatéralisme est nécessaire pour répondre aux défis critiques auxquels le monde est confronté.
OPTIMISTE POUR LE SAHEL
Malgré son énorme potentiel et l'abondance de ses ressources, la région du Sahel reste confrontée à de multiples défis qui entravent son progrès vers une paix et un développement durable.
Sans aucun doute, l’impact de la situation sécuritaire sur la stabilité de la région est des plus marquant et préoccupant. Mais comme nous l’avions déjà souligné, face à ce défi, la réponse sécuritaire, aussi nécessaire soit-elle, n’est pas et ne sera pas suffisante pour éradiquer ce fléau et maintenir le Sahel dans une dynamique de développement.
Il faut une approche holistique et coordonnée qui agit efficacement sur des domaines aussi divers que la sécurité, la gouvernance, la résilience et le développement, car les causes profondes auxquels le Sahel fait face aujourd’hui sont interconnectés. Et la réalité du Sahel nous le montre régulièrement.
Les Nations Unies ont procédé au recadrage de la Stratégie Intégrée des Nations Unies pour le Sahel (UNISS), afin de prendre en compte les Objectifs du Développement Durable (ODD) et la Stratégie de l’Union Africaine. Un plan de soutien du système de Nations Unies a également été développé pour permettre aux agences et programmes, et les équipes pays des Nations Unies, ainsi que les coordonnateurs résidents, de travailler ensemble et en coordination étroite avec les pays du Sahel, les organisations régionales et les partenaires afin d’améliorer les conditions de vie des populations du Sahel.
Il faut une approche holistique et coordonnée qui agit efficacement sur des domaines aussi divers que la sécurité, la gouvernance, la résilience et le développement
En effet, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie intégrée, le travail fourni par les diverses agences et programmes des Nations Unies a été vital pour des milliers de personnes à travers le Sahel.
Les innombrables projets et initiatives en cours dont le Magazine UNOWAS fait écho dans cette édition spéciale, témoignent de la valeur ajoutée de l’action des Nations Unies dans le renforcement du développement et de la résilience des femmes, des jeunes et des hommes au Sahel.
Les projets réalisés par le Programme Alimentare Mondial pour renforcer la résilience des populations au Sahel ; le Fonds des Nations unies pour l'Enfance (UNICEF) qui achemine l’eau potable à travers l’énergie solaire pour aider les communautés en Mauritanie à cultiver leurs terres ; le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et le Bureau International du Travail (BIT) qui conjointement aident des refugies maliens à s’intégrer en Mauritanie à travers un programme de formation et d’aide à l’emploi ; l’ONU Femmes qui mobilise les femmes et les jeunes au Sahel pour intervenir dans les processus de paix ; ou le projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) de le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) qui met l’accent sur l’apport du dividende démographique dans le développement durable au Sahel en réduisant l’inégalité des genres ; ou l’action de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en collaboration avec la Convention sur la Lutte Contre la Désertification (UNCCD) au Niger auprès de communautés touchées par les flux migratoires ; ou encore le soutien actif de l’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC) aux pays de la région dans leurs efforts de lutte contre les défis sécuritaires- tous ces projets et tant d’autres, démontrent l’efficacité de l’approche pluridimensionnelle et de l’action coordonnée et intégrée des agences et programmes des Nations Unies avec leurs partenaires régionaux et internationaux pour consolider le développement et la paix au Sahel.
Les défis ne sont pas insurmontables, et la région du Sahel peut envisager un avenir de paix et de développement. Mais cela exige que nous maintenions une approche pluridimensionnelle et de la persévérance.
La consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel est la responsabilité de tous. Les acteurs étatiques, ceux de la société civile, et les partenaires régionaux et internationaux ont, chacun, un rôle prépondérant à jouer dans cette entreprise de longue haleine.
Car, un regard objectif sur la situation de la région nous permet de saisir l’étendue des défis, leur ténacité et leur complexité. Il nous interpelle, chaque jour davantage, sur l’exigence d’une action coordonnée entre tous les acteurs, et sur l’engagement de tous pour faire embarquer l’Afrique de l’Ouest et le Sahel dans une dynamique de paix et de prospérité.
Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies avaient raison, suite à la présentation du rapport du secrétaire général des Nations unies en juillet dernier, d’exprimer leur préoccupation concernant la détérioration constante des conditions de sécurité et de la situation humanitaire dans les pays du Sahel et d’engager les acteurs régionaux et internationaux à continuer de se mobiliser pour aider ces pays à faire face aux problèmes de paix et de sécurité qu’ils rencontrent.
Le terrorisme, l’extrémisme violent, les conflits communautaires, le changement climatique, la migration clandestine et son cortège de violence sont des défis qui dépassent désormais la capacité de réponse des états de la région. Ils ne peuvent être abordés et traités qu’à travers des visions partagées et des approches coordonnées.
L’efficacité de l’intervention des divers acteurs régionaux et internationaux pour faire face à ces défis et à tant d’autres, réside, sans aucun doute, dans la volonté d’intégrer et d’associer les catégories sociales, économiques et politiques -à l’échelle nationale et régionale- dans une démarche engagée pour la consolidation de la paix.
Les femmes et les jeunes représentent une part importante de l’humanité et ceci est encore plus vrai en Afrique de l’Ouest et le Sahel. Ils ont un rôle déterminant à jouer dans différents domaines, notamment celui de la prévention des conflits et la consolidation de la paix.
Il est urgent que la participation des femmes dans les processus de prise de décision politique, devienne systématique
Il est urgent que la participation des femmes dans tous les domaines, notamment dans les processus de prise de décision politique, devienne systématique.
C’est le sens de la résolution 1325 du Conseil de sécurité et suivantes dont nous fêterons le vingtième anniversaire l’année prochaine.
Le travail que fournit UNOWAS depuis dix-sept ans avec des partenaires régionaux et internationaux pour soutenir les femmes, démontre la marge de progression réalisée dans les pays de la région, mais souligne également la nécessité de redoubler de vigilance et d’effort pour sauvegarder les acquis et renforcer davantage la participation des femmes.
Le Groupe de Travail Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel (GTFJPS-AOS) qui vient de souffler sa dixième bougie, est une belle illustration de la participation active des femmes et des jeunes de la région dans la sphère sociale, politique et économique.
Le soutien que nous apportons à ce groupe et à d’autres acteurs, en collaboration étroite avec les partenaires régionaux comme la CEDEAO ou le G5 Sahel, s’inscrit dans notre engagement constant pour une plus grande participation des femmes et des jeunes dans la consolidation de la paix en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Deux pays majeurs en Afrique de l’Ouest et le Sahel ont conduit des élections présidentielles qui se sont déroulées pacifiquement et ce malgré un report de la date du scrutin dans l’un et quelques incidents dans l’autre. Il s’agit du Sénégal et du Nigeria.
Des pays majeurs par leur position géostratégique, leur vitalité économique et politique, leur histoire, mais aussi et surtout, par la détermination des deux populations à vouloir réaliser un avenir meilleur à travers un vote responsable, libre et pacifique.
Cette force tranquille qui traverse également d’autres pays de la sous-région en dit long sur la maturité politique
Cette force tranquille qui traverse également d’autres pays de la sous-région en dit long sur la maturité politique, notamment des jeunes, et sur l’engagement de toutes les catégories sociales dans les processus électoraux.
D’autres pays dans la sous-région vont organiser des élections présidentielles et législatives d’ici la fin de cette année et en début de l’année prochaine. Elles marqueront, sans aucun doute, une étape importante dans la consolidation de la démocratie en Afrique. Elles constitueront également une opportunité pour amorcer de nouveaux projets de société, susceptibles de répondre aux attentes des populations.
Mais ces attentes sont tellement grandes que les élections polarisent les tensions et produisent, dans certains cas, des violences. C’est dire l’importance de l’engagement de tous pour des élections respectueuses des lois et des constitutions en vigueur. C’est dire aussi l’importance du rôle de tous les acteurs dans le maintien de la cohésion sociale et de la paix.
A voir la mobilisation de la jeunesse durant les élections présidentielles au Sénégal et au Nigeria, et leur participation active en tant qu’électeurs, mais aussi en tant membres des organisations de la société civile, comme l’initiative « Pas trop jeune pour se présenter » qui visait à réduire l’âge limite pour se présenter aux élections au Nigéria et dans le monde, nous sommes en droit d’espérer que la jeunesse africaine aura un rôle de plus en plus prépondérant dans la tenue des élections, et in fine, dans la consolidation de la démocratie.
Malgré un contexte sécuritaire marqué par la menace persistante de Boko Haram, les initiatives de dialogue et de paix qui se sont tenues avant les élections présidentielles au Nigeria, par exemple, ont montré la détermination des autorités nationales, locales, et tous les acteurs à sensibiliser les électeurs pour que l’élection se déroule dans la paix et le respect des autres partis.
Au Sénégal, le pays de la Teranga, les appels au calme des autorités nationales, des acteurs politiques et de la société civile après quelques incidents observés durant la campagne électorale, ont également montré la mobilisation de tous pour assurer un scrutin sans violence.
Alors que la sous-région s’apprête à vivre une autre série d’élections présidentielles, il est important de rappeler que chaque citoyen, chaque institution doit jouer pleinement son rôle pour assurer des élections pacifiques, libres et démocratiques.
Le candidats élus auront la responsabilité de mettre en œuvre leurs programmes de développement. Ils auront également l’obligation de répondre aux attentes de leurs citoyens.
Ce numéro 7 de UNOWAS E-Magazine est consacré à la question de l'impunité, de l'accès à la justice et des droits de l'homme, sujet d'une conférence régionale organisée à Niamey avec nos partenaires. Ce numéro parle également de l'étude de l'UNOWAS sur le pastoralisme et la sécurité en Afrique de l'Ouest et au Sahel.Cette sixième édition d’UNOWAS Magazine que vous tenez entre les mains est une édition spéciale consacrée entièrement au colloque régional sur « Les enjeux et perspectives des réformes politiques en Afrique de l’Ouest en 2015-2017 » qui a été organisé par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) les 26 et 27 mars derniers à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
En effet, les réformes politiques constituent un sujet majeur qui concerne tous les pays de la sous-région. Il était légitime, voire nécessaire pour UNOWAS d’organiser un tel colloque pour permettre à divers experts d’apporter leurs analyses et propositions à travers un programme ambitieux dont l’objectif était d’aider les gouvernements ainsi que tous les acteurs politiques à réussir la mise en œuvre de leurs processus de réformes politiques respectifs.
Le colloque de deux jours, visait à relever et à analyser les raisons fondamentales qui ont conduit, entre 2015 et 2017, plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest à initier des réformes politiques ; à faire ressortir les mécanismes et dynamiques qui sont à la base de l’aboutissement, du report ou de l’échec des réformes politiques ; à examiner l’historique et l’évolution des dispositions en cause, les principaux aspects politiques, les similarités et les divergences entre les différents pays concernés; et à dégager la portée, les enjeux et les perspectives des réformes politiques dans la sous-région.
Pour atteindre ses objectifs, le colloque d’Abidjan a été articulé autour de trois communications inaugurales et dix-huit communications thématiques réparties en six sections. Les communications inaugurales ont porté sur les thèmes suivants : « Génération et types de réformes politiques en Afrique de l’Ouest », « Réformes politiques et gouvernance », et « Instruments de la CEDEAO pour l’édification de la paix et la promotion de la démocratie et la bonne gouvernance en Afrique de l’Ouest ». Quant aux communications thématiques, elles ont porté sur deux thèmes centraux à savoir : « Contexte, mécanismes et causes des réformes politiques » et «Contenu, mise en place et impacts es réformes politiques ».
Après avoir passé en revue les processus de réformes engagés en Afrique de l’Ouest entre 2015-2017, pour en appréhender les forces et faiblesses, les participants ont formulé des recommandations pour des réformes politiques plus légitimes et plus pertinentes dans la sous-région, notamment la création d’une plateforme sous régionale sur les réformes politiques et la bonne gouvernance.
Confirmant l’importance de ce colloque, 72 participants ont répondu présents dont les représentants de 15 des 16 pays de l’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone et Togo) ; les représentants d’organisations régionales, internationales (UNOWAS, CEDEAO, IDEA, OSIWA, UNOCA, UNDP) ; et les représentants de la société civile, de groupes de femmes et de jeunes (Réseau Ouest Africain des jeunes Femmes Leaders-ROAJELF, Fondation Cléopâtre d’Afrique, Je m’engage, Muslim Student’s Society of Nigeria).
Nous espérons que le contenu de cette édition spéciale, vous permettra de « revivre le colloque et ses débats », et de mieux saisir l’importance et la nécessité des processus des réformes politiques, pour mieux renforcer la gouvernance dans la sous-région.
Les élections libres et crédibles, un outil majeur pour la consolidation démocratique et le développement en Afrique de l’Ouest et le Sahel
Incontestablement, la région de l’Afrique de l’Ouest et le Sahel a, depuis quelques années, connu un progrès remarquable en matière d’organisation et de conduite de processus électoraux. Des élections aussi diverses qu’importantes se sont tenues dans un environnement pacifique et ont permis à des milliers de citoyens d’exercer leur droit de vote et de choisir leur candidat. Désormais, le temps des élections avec des résultats connus ou imposés d’avance par les pouvoirs en place est révolu. Aujourd’hui, les jeunes et les femmes aspirent à plus de participation dans la vie politique. Et le vote est l’outil majeur dont ils disposent pour changer et améliorer leurs conditions de vie.
Désormais, le temps des élections avec des résultats connus ou imposés d’avance par les pouvoirs en place est révolu
L’exemple de la Gambie est significatif de la détermination grandissante des populations dans la région de s’approprier les élections afin qu’elles permettent une alternance politique et inaugurent un changement qui réponde à leur attente. A part quelques problèmes techniques et des actes de violences résiduels et mineurs, des pays comme le Nigéria, le Burkina Faso, la Guinée, la Gambie, le Bénin, le Cap Vert, la Cote d’Ivoire, le Ghana et le Niger, ont tous organisé des élections pacifiques .
A la détermination des populations s’ajoute l’engagement des institutions nationales et régionales d’inscrire la région toute entière dans une dynamique de changement dont la bonne gouvernance et le développement constituent le moteur.
Des efforts louables ont été fournis par les pays de la région pour renforcer leur cadre juridique, investir dans la formation et l’éducation civique, renforcer la participation dans la vie politique des femmes et des jeunes, et améliorer les outils logistiques et opérationnels alors qu’au plan régional, les institutions ont mis en place plusieurs mécanismes et instruments pour accompagner leurs membres et leur permettre de mettre en œuvre les changements nécessaires.
Fidèle à sa mission qui est de « maintenir la paix et la sécurité internationale », l’ONU a toujours œuvré pour la paix et les droits humains dans le monde en étroite coordination avec les acteurs nationaux et organisations régionales ou internationales.
En Afrique de l’Ouest et le Sahel, le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), continuera à jouer un rôle prépondérant pour la promotion de la bonne gouvernance et la consolidation de la paix et de la sécurité.
L’organisation et la conduite pacifique d’élections dans la région sont autant un succès à promouvoir qu’un défi à relever. Les personnes élues ont la grande responsabilité de respecter leur engagement et de répondre aux attentes des populations. Ils ont aussi la lourde tâche de faire mieux que leurs prédécesseurs pour réaliser l’alternance politique voulue par les peuples de la région.
Mohamed Ibn Chambas
Représentant Spécial du Secrétaire Général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel
L’appropriation nationale est nécessaire pour la réussite de la réforme du secteur de la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel
Depuis quelques décennies, les pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont entrepris des réformes aussi importantes que salutaires pour améliorer le rendement de leurs institutions politiques et économiques.
Malgré la persistance d’une multitude de défis, des avancées notables ont été réalisées. Les élections successives qui se sont déroulées pacifiquement dans la sous-région ont permis l’avènement de nouvelles alternances politiques. De même que les différentes réformes lancées ou en cours d’initiation, notamment celle qui concerne le secteur de la sécurité, ont permis d’améliorer la gouvernance et ont favorisé l’émergence d’un espace économiquement dynamique, et politiquement plus démocratique et stable.
En effet, beaucoup de pays dans la région ont engagé des reformes de leur institutions de sécurité afin de les rendre plus professionnelles, efficaces et responsables. Par ailleurs, ces réformes visaient à instituer une justice accessible et impartiale, afin de jeter les bases de la paix et du développement durable. La réforme du secteur de la sécurité devait aussi répondre aux attentes des populations en quête de protection et de justice face aux abus institutionnels ou individuels issus de pratiques autoritaires et non conformes aux principes de droits.
Les diverses expériences de réformes du secteur de la sécurité dans les pays de l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, comme ailleurs dans le monde, sont marquées par des contingences historiques et politiques qui influencent les processus de réforme.
Chaque Etat se dote de son système sécurité avec ses acteurs, et défini les menaces auxquelles ils doivent faire face et ce pour répondre aux attentes des populations. Parmi les menaces les plus communes dans la région de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel, on compte la criminalité transnationale organisée, les trafics illicites des drogues, le trafic des personnes, le terrorisme, la piraterie et le banditisme en mer et sur terre. Toutes ces menaces compromettent la sécurité et la sureté des individus dans la région et font obstacle aux initiatives individuelles économiques, les efforts de développement et à la stabilité des Etats.
Il est crucial de souligner le rôle important des organisations de la société civile dans un processus de réforme car leur participation garantie la représentativité et l’inclusion tout en contribuant au renforcement du contrôle de la gouvernance du secteur de la sécurité.
Mais au-delà de la nécessité de réformer le secteur de la sécurité, il est vital que les États et les populations jouent un rôle moteur dans les processus de réformes. Sans un engagement des différents acteurs étatiques et non étatiques nationaux et régionaux, et une volonté politique des autorités nationales, les plans et programmes établis pour initier la réforme du secteur de la sécurité n’aboutiront pas.
Avec l’aide des partenaires régionaux et internationaux, mais surtout avec un engagement politique fort, des pays de la région ont pu lancer la réforme de leur secteur de la sécurité et réaliser des avancées extraordinaires.
L’expérience de la Sierra Léone est significative et illustre bien l’importance du leadership et de l’appropriation nationale du processus de la réforme du secteur de sécurité qui a permis -à elle seule- de consolider la paix. Sans aucun doute, l’expérience Sierra Léonaise est un modèle à suivre par les autres pays engagés dans le même type de réforme.
Des pays majeurs comme le Liberia, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina, le Mali ou la Gambie- pour ne citer que ces pays ont initié des processus de réforme de leur secteur de la sécurité déterminants pour leur stabilité et celle de la région.
La réforme du secteur de la sécurité reste centrale pour la stabilité et le développement. Nous devons-acteurs nationaux, régionaux et internationaux- continuer à soutenir les pays de la région dans leur entreprise de réforme du secteur de la sécurité pour permettre aux populations d’accéder à l’état de droit et à la prospérité.
C’est le sens de l’engagement régional d’UNOWAS à travers son appui au Cadre de la CEDEAO sur la réforme du secteur de la sécurité et la gouvernance, et à travers son soutien continu pour le renforcement du leadership et de l’appropriation nationale des réformes.
Mme. Hiroute Guebre Sellassie
Représentante Adjointe du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.










