Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), Leonardo Santos Simão, a présenté aujourd'hui au Conseil de sécurité le dernier rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS). Le rapport fait le point sur les principaux développements dans la région, les activités de l'UNOWAS, celles de la Commission mixte Cameroun-Nigéria, ainsi que sur la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.
Devant les membres du Conseil de Sécurité, M. Simão a axé son intervention autour de trois grandes tendances observées dans la région : « la situation sécuritaire préoccupante, le renouvellement de la dynamique du dialogue et de la coopération, ainsi que les évolutions démocratiques en cours dans la région ».
S'agissant de la situation sécuritaire, le Représentant spécial a indiqué que « la menace posée par les groupes terroristes et autres groupes armés non étatiques demeure aiguë », en particulier au Sahel central et dans le nord du Nigéria, tout en s'étendant rapidement vers les États côtiers du golfe de Guinée. Il a relevé que ces groupes « adaptent leurs tactiques », utilisent « des technologies avancées, telles que les drones, les moyens de communication et les cryptomonnaies », et entretiennent des liens croissants avec « la criminalité transnationale organisée », dans le but de consolider leur contrôle territorial et économique et « d’éroder la confiance des populations envers l'autorité de l’État ».
Le Représentant spécial a rappelé que « le coût humain de cette violence est dévastateur », soulignant que des millions de personnes demeurent déplacées à travers la région. Il a également averti que « l'accès humanitaire reste sévèrement limité », tandis que « les insuffisances de financement réduisent la portée de l'assistance vitale ». Il a ajouté que « les femmes, les enfants et les jeunes continuent de supporter le poids de l'insécurité, des violations des droits et d'un accès limité aux services essentiels » et que « les attaques contre les écoles illustrent le lourd tribut que l'insécurité fait peser sur l'avenir de communautés entières ».
Malgré ces défis, Leonardo Santos Simão a relevé « un nouvel élan en matière de dialogue » en Afrique de l'Ouest et au Sahel. Il a salué les consultations engagées entre la CEDEAO et les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES), les initiatives de médiation conduites par plusieurs États de la région ainsi que « le rôle croissant de l'Union africaine dans la promotion du dialogue, du rapprochement entre les parties et de la cohérence stratégique ».
Il a indiqué que l'UNOWAS « est demeuré pleinement engagé à encourager et soutenir ces développements en faveur du dialogue et de la coopération ». Il a notamment cité la réouverture du poste-frontière de Kamba entre le Niger et le Nigéria, les récents échanges diplomatiques entre plusieurs pays de la région ainsi que la décision du Mali et de l'Algérie de normaliser leurs relations bilatérales. « Ce sont quelques exemples des efforts régionaux en faveur du dialogue conduisant à une coopération entre les pays de la région », a-t-il déclaré.
Abordant la situation politique, le Représentant spécial a estimé que « malgré de multiples défis, la démocratie prend racine dans la région », comme en témoignent « des élections pacifiques, des réformes et des avancées continues vers une gouvernance responsable ». Il a néanmoins rappelé que, dans plusieurs pays, « la nécessité d'assurer la stabilité, la redevabilité, l'État de droit, le respect des droits humains et une gouvernance inclusive demeure essentielle ».
Leonardo Santos Simão a également insisté sur le fait que « les réponses sécuritaires à elles seules ne seront pas suffisantes ». Pour s'attaquer durablement aux causes profondes de l'instabilité, « des investissements sont nécessaires dans les fondements sociaux, économiques et environnementaux de la paix ». Il a rappelé les initiatives menées par l'UNOWAS dans les domaines de la diplomatie de l'eau, de la sécurité maritime et du dialogue entre les jeunes et les autorités sur les nouvelles drogues, tout en soulignant avoir constaté au nord du Togo « l'impact positif sur la sécurité d'une approche combinant mesures sécuritaires, développement et interventions humanitaires ».
Enfin, le Représentant spécial a salué les progrès de la Commission mixte Cameroun–Nigeria dans la mise en œuvre de l'arrêt de la Cour internationale de Justice de 2002, estimant qu'il s'agit « d'un exemple de la manière dont un engagement patient et fondé sur des principes peut transformer des questions potentiellement conflictuelles en un cadre de coopération ».
En conclusion, Leonardo Santos Simão a réaffirmé que « l'UNOWAS reste pleinement engagé dans la mise en œuvre de son mandat au service de la paix, de la gouvernance constitutionnelle et de la coopération régionale en Afrique de l'Ouest et au Sahel ».





