Le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel (UNOWAS), en collaboration avec l'Ambassade de Colombie au Sénégal, ONU Femmes, le Département des affaires politiques et de la consolidation de la paix (DPPA) et la Mission de vérification des Nations Unies en Colombie (UNVMC), a organisé le 25 mars un dialogue virtuel de haut niveau intitulé « Promouvoir la coopération Sud-Sud : Dialogue interrégional des femmes bâtisseuses de paix ».
Le dialogue a réuni plus de 150 femmes médiatrices et bâtisseuses de paix venues de Colombie, d'Afrique de l'Ouest et du Sahel, dont des membres de l'Équipe de médiatrices pour une intervention rapide (RRT).
La séance d'ouverture a été honorée par la présence de hauts responsables, notamment Mme Rosemary DiCarlo, Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix ; M. Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel ; Mme Barrie Freeman, Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel ; M. Maxime Houinato, Directeur régional d'ONU Femmes pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre (représentant Mme Sima Bahous, Directrice exécutive d'ONU Femmes) ; M. Miroslav Jenča, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Colombie ; Mme Claudia Patricia Mosquera Rosero, Ambassadrice de Colombie au Sénégal ; et Mme Arlene Beth Tickner, Ambassadrice itinérante pour les questions de genre et la politique étrangère féministe au Ministère des affaires étrangères de Colombie. Leur participation a souligné l'importance du leadership des femmes dans les processus de paix, mis en lumière la valeur des échanges interrégionaux et réaffirmé leur engagement en faveur d'une paix inclusive et durable.
Les sessions suivantes ont réuni des femmes leaders et praticiennes de la paix, notamment Adriana Benjumea et Diana Salcedo pour la Colombie, ainsi que Saran Keita Diakite (Mali), la Ministre Achta Sy (Tchad) et Diallo Tata Touré (Mali). Leurs interventions ont mis en lumière des expériences concrètes en matière de dialogue inclusif, d’accords de paix et de médiation communautaire.
« En Colombie, la paix a un visage de femme. Après des décennies de conflit armé, les femmes n’ont pas seulement subi la violence, elles se sont organisées, ont résisté et ont protégé leurs communautés », a souligné Diana Salcedo.
Sept autres femmes bâtisseuses de paix issues du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée, du Libéria, du Niger et du Sénégal ont participé en tant que discutantes, partageant leurs analyses sur la transférabilité des bonnes pratiques et les modalités de leur adaptation à leurs contextes respectifs. Elles ont souligné que, si les échanges interrégionaux offrent des enseignements précieux, le transfert des bonnes pratiques doit reposer sur une analyse approfondie des causes profondes des conflits et être soigneusement contextualisé afin d’en garantir la pertinence, l’efficacité et la durabilité.
Les discussions ont mis en évidence le rôle crucial des femmes dans la prévention des conflits, la médiation et la consolidation de la paix, en présentant les enseignements tirés du processus de paix en Colombie et les expériences pratiques d'Afrique de l'Ouest et du Sahel. Les participants ont souligné l'impact transformateur du plaidoyer soutenu, du dialogue inclusif et des approches communautaires, tout en rappelant les défis persistants tels que le financement limité, les risques sécuritaires et la sous-représentation dans les processus de paix formels.
« Assurer l’inclusion des femmes demeure un défi majeur et un facteur déterminant pour que les processus de paix reflètent véritablement les besoins de tous », a déclaré Mme Saran Keita Diakite.
Parmi les principales recommandations figuraient : le renforcement des capacités à long terme des femmes médiatrices, l’institutionnalisation de la participation des femmes dans les architectures de paix et de gouvernance, l’amélioration des systèmes d’alerte précoces et de réponse rapide, la promotion de la coopération Sud-Sud et de l'apprentissage par les pairs.
Dans le prolongement de cette réflexion, « On ne peut construire un processus de paix sans comprendre la terre et sans savoir comment ses populations envisagent leur avenir », a souligné S.E. Mme Claudia Patricia Mosquera Rosero, Ambassadrice de Colombie au Sénégal.
Le dialogue a réaffirmé que les femmes sont des actrices essentielles de la consolidation de la paix, renforçant l'inclusivité, la légitimité et la durabilité des processus de paix. Les participantes ont appelé à passer du dialogue à l'action en adaptant les bonnes pratiques, en renforçant les réseaux et en garantissant l'inclusion systématique des femmes dans tous les processus politiques et de paix.





