UNOWAS
Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel

« Nous, peuples » : les Nations Unies aux côtés de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel

Personnes déplacées internes au Burkina Faso
Sylvain Cherkaoui - février 2020 / Personnes déplacées dans la ville de Dori, région du Sahel au Burkina Faso.

Par Leonardo Santos Simão, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS)

« Nous, peuples des Nations Unies… » Par ces mots, la Charte signée en 1945 rappelle que l’Organisation appartient avant tout aux peuples. À l’occasion de la Journée des Nations Unies, que nous célébrons aujourd’hui, ces mots résonnent avec une force particulière en Afrique de l’Ouest et au Sahel, une région dont les peuples portent, chaque jour, l’espoir d’un avenir de paix, de sécurité et de prospérité.

Cet espoir est mis à l’épreuve. Le terrorisme et l’extrémisme violent déplacent des familles, ferment des écoles et fragilisent des économies entières. La criminalité transnationale organisée, les effets du changement climatique et la pression démographique pèsent sur des communautés déjà vulnérables. Ces menaces ne connaissent pas de frontières. Aucun pays ne peut y faire face seul, et c’est précisément pour cela que la solidarité reste, aujourd’hui plus que jamais, notre meilleure réponse.

Depuis plus de vingt ans, l’UNOWAS accompagne les efforts des États et des organisations régionales dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et la promotion de la bonne gouvernance. Nos bons offices ont soutenu des processus politiques et des transitions dans plusieurs pays de la sous-région. Notre appui a contribué à des élections plus apaisées, à la mise en œuvre d’accords politiques et au renforcement du dialogue entre acteurs nationaux. L’expérience du règlement pacifique du différend frontalier entre le Cameroun et le Nigéria, accompagné par les Nations Unies, demeure une référence pour toute la région.

Nous avons aussi travaillé, avec la CEDEAO, l’Union africaine et les autres partenaires, à faire avancer des priorités essentielles pour les populations : la participation des femmes et des jeunes aux processus de paix et de décision, le respect des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité, ou encore la justice transitionnelle, pour que les victimes obtiennent vérité, justice et réparation. À travers la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, l’ensemble du système des Nations Unies s’attaque, avec les gouvernements concernés, aux causes profondes de l’instabilité : la pauvreté, l’exclusion, le manque d’accès aux services de base et la dégradation de l’environnement.

Ces résultats sont ceux des États et des peuples de la région, avec le soutien des Nations Unies. Ils montrent ce que le dialogue peut accomplir lorsque la volonté politique est au rendez-vous.

C’est dans cet esprit que nous suivons avec attention, et que nous soutenons, le dialogue engagé entre la CEDEAO et la Confédération des États du Sahel. La rencontre ministérielle tenue à Dakar le 17 octobre a ouvert un cycle de discussions sur la coopération entre les deux parties. Les Nations Unies restent pleinement disponibles pour accompagner ce processus, qui peut préserver les acquis de l’intégration régionale, notamment la libre circulation des personnes et des biens, et renforcer la coopération face aux menaces communes, dans l’intérêt des populations.

Le chemin reste long. La sécurité ne se gagnera pas uniquement par les armes : elle exige aussi de la justice, de l’emploi, de l’éducation et de la confiance entre les citoyens et leurs institutions. Dans une région où la grande majorité des habitants a moins de trente ans, c’est à la jeunesse que nous devons offrir des perspectives concrètes, afin qu’elle devienne le moteur de la paix et du développement.

En cette Journée des Nations Unies, je renouvelle l’engagement de l’UNOWAS, et celui de toute la famille des Nations Unies présente dans la sous-région, à rester aux côtés des gouvernements, des organisations régionales, de la société civile et, surtout, des peuples de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel. Ensemble, nous pouvons faire de la promesse de la Charte une réalité vécue.